
Historien, romancier. Phd @EHESS_fr. Enseigne la Révolution et Napoléon à l’université. Dernier livre : LES FEMMES ENTRENT EN RÉVOLUTION 5-6 octobre 1789 (2026)
Paris, France
Joined March 2019
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S’adressant à ses rivaux François Furet leur dit ceci: «Il y a fort peu de chances que nous tombions d'accord, aussi permettez-moi de vous donner un conseil: écrivons chacun notre oeuvre, et la postérité jugera.»
Oui! seule l’Oeuvre compte
Le reste c’est pour amuser la galerie.
Mon récit de la Révolution française pour @LePoint
«Un baiser du présent réveille le passé»… Walter Benjamin
Mais sait-on tirer les leçons du passé ?
(6 années de thèse en histoire sur la répression politique sous la Révolution ultra résumées ici)
Extrait :
Ce que qu’on appelle la Réaction thermidorienne contre les apôtres de la Terreur et l’extrême gauche n’a pu triompher des thuriféraires de la révolution radicale et permanente qu’au prix de plusieurs efforts. D’une part, la mise en place d’une large coalition entre des forces politiques différentes ayant principalement en commun une même exécration envers cet ennemi à tous, quitte à ne bâtir qu’une alliance d’intérêt et de circonstance : L’union fait la force. D’autre part le recours à des moyens d’exception, comme des restrictions de libertés individuelles, le militaire étant devenu le bras armé du pouvoir en lieu et place des jacobins et sans-culottes : Force reste à la loi.
Le Directoire choisit le primat de l’ordre sur la liberté. Pendant les quatre années de son existence, il n’y eut pas un seul soulèvement ni manifestation populaire contre le pouvoir et les institutions. Le régime élimina certes pour un temps le jacobinisme, mais il créa les conditions de conflits futurs. En effet, après la destruction de cet ennemi commun, comment souder des groupes et sensibilités politiques aussi différents ? Il a été toujours été plus facile de s’unir contre un projet que l’on réprouve, qu’en faveur d’un projet auquel on croit. Autre difficulté à venir, comment limiter la part grandissante qu’avait prise l’armée aux affaires de l’Etat ? Difficile de « tenir le loup par les oreilles », comme l’affirmait Burke.
Le général Bonaparte est déjà en train d’apparaître à l’horizon cet homme providentiel dont le pays avait besoin, non seulement pour vaincre les derniers défenseurs de la révolution jacobine et sociale, mais aussi pour terminer la Révolution elle-même en stabilisant son gouvernement et pérennisant l’héritage d’une décennie de luttes. L’esprit de faction se taisait devant les bouches des canons et du génie politique.
L'armée, qui émanait des couches humbles de la population, devint l'incarnation quasi exclusive de la figure du Peuple à l'oeuvre dans la Révolution. La France se réveilla en pensant : "Vox militari, vox dei".
Pour emprunter à Royer-Collard : « Les révolutions commencent par les avocats mais ce ne sont pas eux qui les finissent. » Ce n’est pas Napoléon qui aurait dit le contraire.
lepoint.fr/histoire/samedis-…
C’est sûr que faire l’apologie des violences révolutionnaires et blocages de la jeunesse est plus sexy que plaider pour le retour de l’ordre et le respect des propriétés.
Sauf que ma culture à moi c’est
«La liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres», et non «L’insurrection est une fête».
Il est infiniment plus facile de commencer les révolutions que de les terminer; voilà une des leçons de la #Révolutionfrançaise… n’en déplaise aux démagogues.
Je persiste et signe ce que j’ai déclaré sur le plateau de @Francetele, en opposition totale avec les apologistes de Marat et des violences urbaines pseudo-révolutionnaires, mais assurément anti-républicaines.
Je me fais traiter de fasciste pour cela. Incultes !
J’ai travaillé 25 années cette histoire et publié une dizaine d’essais dessus, notamment sur la prise de la Bastille, les journées d’octobre 1789, Danton et Robespierre, la Terreur, la France de thermidor et du Directoire, ainsi que Napoléon, chez @Gallimard @CNRSEd @Ed_Tallandier @PComposes @EdBouquins @EditionsPerrin
La grande erreur est d’avoir abandonné à l’extrême gauche et @JLMelenchon le monopole du discours sur la Révolution de 1789, leur permettant de capter cet imaginaire collectif à l’origine de notre fête nationale (comme je le rappelle dans La Tentation du désespoir - @EditionsPlon 2024)
Relisez ‘Le passé d’une illusion’ de François Furet, résumant les points communs entre les révolutions communiste et nazie : haine de la bourgeoisie, légitimation de la violence, accaparement de la notion de « peuple » en détruisant ses ennemis supposés (en même temps que les règles démocratiques)
L’illusion demeure tristement actuelle… quel en sera l’avenir?
Lien :
france.tv/france-5/c-ce-soir…
Mon entretien dans Le Point
💬 « L’extrême gauche menace de constituer un État dans l’État » : l’analyse d’un historien après les émeutes
Par @fglorrain l.lepoint.fr/MPA
Depuis hier chaque candidat à la présidentielle doit annoncer aux Français ce qu’il fera en termes de mesures d’exception (ou recours à l’état d’urgence ou de siège) pour empêcher et réprimer les auteurs d’un tel chaos
Il faut proportionner la réponse pénale à l’attaque de l’Etat
Pourquoi croyez-vous que l’Assemblée décréta la loi martiale dans la foulée des insurrections de juillet et octobre 1789 ?
Historiquement, la restauration de l’ordre est toujours passée par des mesures d’exception.
J’ai travaillé 20 ans sur le sujet.
La fin est toujours la même !
Je me délecte de constater que ma participation à l'inauguration de la statue de Louison Chabry à l' @AssembleeNat ce 5 oct. et mon essai sur les journées d'octobre 1789 déplaisent aux ectoplasmes de la pensée, incapables de remettre en cause leurs propres préjugés.
Je leur réponds ici en publiant mon discours à l'Assemblée.
Devant une cinquantaine de mes étudiants de l' @icp_officiel et des membres du parlement, j'ai notamment tenu à souligner la diversité des marcheuses d'octobre 89 : d'un côté les furies de la guillotine et futures "tricoteuses"; de l'autre les femmes ne participant à aucun débordement ni trouble à l'ordre public, celles récompensées par une médaille frappées par la Commune de Paris à l'instigation de Bailly, et sur laquelle est gravée : "Aux bonnes citoyennes" (photos de cette médaille de 1789 en commentaires)
@LanouvelleRP
@YaelBRAUNPIVET
nouvellerevuepolitique.fr/po…
Il y a les images et il y a la réalité.
Ce matin, j'ai découvert que mon université la Catho @icp_officiel était bloquée. Une première ! Les cours doivent se tenir en distanciel jusqu'à la fin de la semaine.
A 16h je me connecte donc pour mon cours de licence sur la Révolution française. (On s'y croirait parfois !)
Je crains d'être seul devant mon écran. Ce n'est pas le cas : sur mon groupe de 17 étudiants, 15 sont connectés. Pourtant, ils sont prévenus que les absences ne seront pas comptabilisées. Mais ils sont là, 15 valeureux préférant être devant leur ordinateur pour travailler Sieyès et Arthur Young plutôt que marcher sur la Bastille
Ce 5 octobre nous avons inauguré à l’@AssembleeNat une statue de Louison Chabry, celle des marcheuses du 5 octobre 1789 ayant demandé du pain à Louis XVI.
Fier de participer à cette mise en lumière des femmes dans notre histoire aux côtés de mes étudiants.
Merci @YaelBRAUNPIVET !
Rebaptisons-la
Rue #ThelysonOrelien
#ThelysonOrelien a plagié même la dédicace de son recueil de poèmes ! Il a tout simplement recopié les très beaux vers de la poète cubaine Dulce Maria Loynaz:
*Découvrez-la, elle, ici: blogs.mediapart.fr/olga-l-go…
@montessus_de
Hasard de l’histoire?
La veille de l’arrivée de #LéonXIV à Paris, les colleurs ont terminé d’installer dans la nuit cette fresque intitulée Le Printemps, de Lawrence Alma-Tadema, 1894 (Paris 4e).
Une jolie fête païenne, à laquelle on a envie de se joindre par amour de la vie
Embrasser d’un regard le Panthéon, l’église Saint-Julien-le-Pauvre la plus vieille de la capitale, et Notre-Dame-de-Paris, la plus belle cathédrale du monde, carillonnant sur les toits de la ville
Émotion en voyant le pape à l’endroit où j’emmène chaque année mes étudiants en histoire à @icp_officiel au pied de l’escalier des martyrs pour leur raconter les massacres de septembre 92. Je leur explique comment les pseudos-juges sans-culottes organisaient des simulacres de justice, en se prétendant le peuple souverain, et faisaient croire aux prisonniers qu’ils étaient libérés avant de les embrocher ici, à leurs pieds.
(Livre en cours…)
A l'@icp_officiel, #LéonXIV se recueille au pied de l'escalier des martyrs de la Révolution française.
👉 Sur KTO & youtube.com/live/-OEsSKIccVc
#PapeEnFrance
@Eglisecatho
@dioceseparis
KTO TV - S_2026-09-26_10h34:26
À l’Élysée, #LéonXIV a rattaché l’universalisme des évangiles à celui des droits de l’homme de 1789, insistant sur la continuité plutôt que la rupture au moment de la Révolution française. Notre devise liberté, égalité, fraternité a donc des origines chrétiennes, si l’on regarde le temps long de l’histoire depuis la découverte du droit naturel par les humanistes.
La plupart des auteurs du XIXe siècle ont vu cette filiation, notamment Lamartine.
J’avais notamment découvert de nombreuses lettres de prêtres détenus dans les prisons de la terreur et se défendant en expliquant que leur foi défend aussi les pauvres, les humiliés, les victimes d’injustices, au nom d’un idéal partagé avec 1789.
Le premier anniversaire de la prise de la Bastille était une messe au Champ-de-mars
C’est pourquoi le pape a eu raison de louer dans un premier temps, l’héritage de 1789 avant de se rendre à mon université @icp_officiel où les sans-culottes ont entaché la révolution de sang, cette fois massacrant les prêtres innocents.
L’histoire ne saurait être manichéenne.
À l’université la bataille est rude contre l’ #IA
L’examen écrit garantit seul la paternité de la plume.
Faut-il faire des épreuves de littérature sans internet comme à la fac ?
Ce concours briserait le rapport de la création au temps.
(L’IA ne le révolutionne-t-il pas déjà ?)
J’ai donné en Licence 3 pour sujet de dissertation «Les débuts de la Révolution française». Pas si évident en 2h sur table, sans ordinateur ni IA #ChatGPT
Voici une copie simple et efficace, où le français est (quasi) parfait.
On y croise Voltaire, Sieyès, Marat, Mirabeau en 89.
Patrick Boucheron avait montré au monde entier sa vision de la Révolution avec la cérémonie d’ouverture des JO : Marie-Antoinette décapitée chantant sa propre mort, sa tête ensanglantée dans les mains. Hideux !
Dans mon essai de 2024, La Tentation du désespoir, j’alertais sur les récupérations politiques de l’histoire.
Or voici un nouveau cas avec le futur spectacle en Seine-Saint-Denis, car les universitaires consultés font de la politique honteusement ici en prétendant l’impartialité de leur récit.
Que va-t-on nous chanter cette fois-ci ? Les louanges de la Terreur ?L’apologie de Robespierre ? La crucifixion des rois ?
Extrait :
« Aujourd’hui, faute de passerelles entre les clans, nous manquons de véritables passeurs d’histoire. Cette dernière se retrouve victime d’une pensée qui va en s’effritant. L’histoire de France menace de devenir une histoire À LA CARTE où chacun pioche ce qui a gré à ses yeux, ce qui flatte son origine sociale, sa conviction religieuse ou son orientation politique.
Nous risquons de sombrer dans l’égoïsme des représentations de notre passé. Nous assistons à un regrettable pugilat où chaque école s’épuise à peindre d’opprobre la sensibilité de l’autre.
Il est aisé de constater cette sécession intellectuelle : en histoire, les études révolutionnaires sont l’apanage de la gauche, là où les napoléoniennes sont le monopole de la droite, chacun s’efforçant de perpétuer la radicalité d’une tradition séculaire. L’analyse historique s’en trouve forcément rétrécie. Une tendance
de ces dix dernières années, qui dénie à la Terreur son exceptionnalité, le démontre assez bien. Celle-ci est progressivement normalisée, et les violences de l’an II relativisées.
L’histoire orientée a néanmoins le vent en poupe, la Révolution comme objet historique faisant les frais
de ces chants partisans. Deux exemples suffiront : en 1988, l’historien Michel Vovelle reprend le flambeau d’Albert Mathiez en publiant son discours prononcé au
théatre d’Arras intitulé « Pourquoi nous sommes encore robespierristes » ; dans le camp des conservateurs, l’année 2008 vit la parution du Livre noir de la Révolution française, l’ouvrage collectif piloté par un dominicain,
Renaud Escande, avec notamment la signature de Pierre Chaunu et de Jean Tulard, de l’Institut.
Entre ces deux pôles, peignant en noir et blanc cette histoire, on veut nous sommer de choisir, ce qui nourrit une forme de communautarisme historique, nous
empêchant justement de faire nation.
Les schismes sont légion dans notre passé et les périodes d’unité toutes relatives. Le pugilat est la règle ; la concorde, l’exception. Cependant, le spectacle actuel d’une division partisane de notre histoire se renouvelle dangereusement ces derniers temps, au prix d’une extrémisation des prises de position sur le fond, et d’une hystérisation sur la forme. L’esprit de nuance est la victime de cette bipolarité, et nombre de personnalités politiques soufflent sur les braises de notre histoire pour se donner l’impression de pouvoir en contrôler le cours, en oubliant qu’il y a parfois des retours de flamme qui vous reviennent en pleine face.
C’est sans doute la raison pour laquelle l’historien et résistant Marc Bloch disait avec justesse : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion
le récit de la fête de la Fédération. » »
Le pape viendra à mon université se recueillir dans la crypte où sont les dépouilles des prêtres massacrés en septembre 1792.
Voici ce mausolée au-dessus duquel j’enseigne à mes étudiants cet épisode sanguinaire de la Révolution.
Si les pierres parlent, les crânes crient.
C’est à un voyage aussi morbide qu’extraordinaire que je vous convie.
Voici la crypte de l’ancien couvent des Carmes où sont déposés les ossements des prêtres massacrés en septembre 1792. Ces reliques de la bruyante et furieuse Révolution reposent en silence. On dit que le crâne enfoncé le fut par le sabre des assassins.
C’est un trou, minuscule et béant à la fois, dans notre histoire.
(J’ai hésité avant de publier ces images d’outre-tombe, par respect pour les morts. Mais je crois que c’est leur rendre hommage car l’oubli et l’amnésie sont le pire des dangers. Si j’ai malgré tout profané un sol sacré, j’en demande pardon directement à Dieu, ainsi qu’aux descendants de victimes, dont les La Rochefoucauld qui perpétuent la tradition de mémoire et offrent des couronnes de roses aux martyrs de 92)
Encore un samedi sur la montagne Sainte-Geneviève. Il fait un soleil radieux, mais la jeunesse étudie, travaille. Au milieu d’elle, face au Panthéon, j’écris, mêlant mes sourires aux siens.
Je reprends espoir à chaque fois.
Fermeture 22h. Il y aura encore du monde. Il fera nuit.
Promis je ne voulais pas faire peur de bon matin à mes étudiants en ressemblant à @EmmanuelMacron
Raté !
Je crois surtout qu’ils ont bien ri.
Il y a 5 ans paraissait mon Danton et Robespierre, chez @PComposes
Il trouve toujours son lectorat, ce qui prouve l’actualité indémodable du sujet : comment deux amis dans le même camp politique en viennent-ils à se livrer une guerre à mort ?
Opposition justifiée par les circonstances et les intérêts, ou bien l’antagonisme n’est-il pas déjà latent depuis le début, philosophiquement et psychologiquement ?
J’y réponds.
Voici la 1ère et la dernière page :



































