Simon Dawlat retweeted
Quand j'ai déménagé au Japon il y a une vingtaine d'années, la première chose qui m'a marqué, c'est que tout était japonais.
Les téléphones portables étaient Sony, Sharp ou Panasonic.
Les téléviseurs étaient Toshiba.
Les voitures étaient Honda et Toyota.
Les trains étaient Hitachi et Kawasaki.
Les escaliers mécaniques, les climatisations et les ascenseurs étaient Mitsubishi.
Toute l'infrastructure matérielle du pays semblait construite sur place.
Un ami marocain m'a dit qu'il avait eu la même sensation en venant en France pour la première fois il y a fort longtemps.
Des voitures françaises, des trains français, des ascenseurs français. Les téléviseurs étaient Thomson, les ordinateurs de l'administration étaient Bull. Il y avait même des téléphones portables Alcatel et Sagem. (J'en avais un, c'était pas ouf, et pas le sommet de la classe comparé au Nokia 3310, mais ça existait. Sagem vendait plus de mobiles en France que Nokia en 2004.)
En venant du Maroc, tout cela semblait très impressionnant et nouveau.
Nvidia produisait ses puces en France La toute première, en 1995, puis la RIVA 128 de 1997 qui a sauvé la boîte de la faillite : les deux sont sorties des usines de SGS-Thomson, l'ancêtre de STMicroelectronics. Nvidia était alors une start-up d'une centaine de personnes qui cherchait quelqu'un pour graver ses puces, et c'est chez nous qu'elle l'a trouvé. L'année suivante elle a pris TSMC en second fournisseur, puis l'a gardé seul. Nvidia vaut aujourd'hui deux fois l'ensemble du CAC 40.
20 ans plus tard notre environnement matériel et donc industriel est de moins en moins français. Thomson a cédé ses téléviseurs au chinois TCL en 2004, Alcatel ses mobiles la même année, Sagem a disparu des rayons en 2008. Nous avons aussi lâché la course aux puces : l'alliance Crolles 2, qui devait faire de l'Isère la pointe européenne de la gravure, est morte fin 2007 quand Philips et Motorola s'en sont retirés, et ST-Ericsson, dernière tentative européenne de fabriquer des processeurs de smartphone, a fermé en 2013 avec près de trois milliards d'euros de pertes. Les puces qui entraînent aujourd'hui les modèles d'IA sortent presque toutes de Taïwan.
Même histoire en robotique. Nao, le petit humanoïde conçu à Paris par Aldebaran, est devenu le robot officiel de la RoboCup, la coupe du monde des robots. Aldebaran a été vendu au japonais SoftBank en 2012, revendu à un groupe allemand en 2022, placé en redressement judiciaire en 2025. Les robots industriels de Renault, eux, étaient déjà passés sous pavillon italien à la fin des années 1990.
Cela ne fait pas mal par patriotisme blessé, pas même par ses conséquences sur la prospérité et l'emploi, peut-être même pas comme rappel constant des choix désastreux faits en conscience par une élite politico-industrielle sans vision.
Cela fait mal car alors que nous entrons dans un nouveau monde de tensions géopolitiques, notre capacité à maîtriser notre propre infrastructure industrielle est la seule garante de notre liberté.
Ce n'est plus théorique. Les Chinois menacent de couper les accès aux terres rares si nous ne laissons pas leurs produits finir d'achever notre industrie. Les Américains coupent les accès aux modèles IA les plus avancés quand ils craignent qu'ils puissent être trop puissants pour en laisser l'usage à leurs vassaux.
Nous sommes entrés dans le XXIe siècle et ses tensions en bazardant progressivement tout ce qui garantissait notre liberté et notre prospérité, sur l'autel de croyances absurdes. L'idée que la production intellectuelle était supérieure à la production matérielle. L'idée que la mondialisation garantie par l'US Navy serait là pour toujours.
Ces croyances absurdes n'ont pas encore disparu. L'idée simple et évidente que la France ne restera un pays riche et libre ce siècle que si elle triple son parc nucléaire et transforme son énergie abondante et bon marché en centres de calcul et en industries robotiques paraît encore, pour une grande partie de l'élite, incongrue ou blasphématoire.
Le parallèle a souvent été fait, mais il faut le répéter inlassablement : nous sommes la Chine des Qing qui refuse la machine à vapeur, nous sommes l'Empire ottoman des oulémas qui interdit l'imprimerie.
Nous sommes une vieille civilisation qui refuse d'acter sa décadence et les actions indispensables pour retrouver son rang.
Il est tard, mais pas trop tard.
Le problème des agents consumer proactifs (Muse, Instinct, GrokBot, etc.) c’est que leur usage est structurellement aligné avec la temporalité des tâches qu’ils gèrent, d’où des taux de rétention plutôt bas (22% à J+15 pour Muse, contre 54% pour Instagram par exemple).
Passé le wow effect de l’onboarding, le repeat est donc imprévisible. Si par exemple, je demande à mon agent de gérer une annonce Vinted, et que celle-ci n’a pas de traction, le bot n’a rien à faire, et je reste hors de l’app.
Plus généralement, les rares heavy users que j’ai observé autour de moi étaient déjà dans le 1% des super-geeks pré-IA, et mes amis dans des métiers « normaux » sont non seulement encore en train de découvrir Claude/ChatGPT, mais rien ne dit qu’ils réussiront un jour à intégrer des produits aussi sophistiqués dans leur vie. Pas pas par manque d’intellect, simplement par manque de use-cases à leur donner.
One of the big issues with Muse? Retention.
The bearish side of these agents is that consumers don't have much incentive to stick to them. What is the switching cost? None.
I believe Muse will do great, but a major work in progress still. Retention matters.
$META
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El que no tiene problemas para elegir películas para ver es mi viejo. El abre Netflix, pone play a la primera que tenga en la portada a un tipo con un arma y procede a estar dos horas así:
C’est marrant, je pensais que le blackout d’Orange d'hier ferait monter les boîtes d’eSIM (c’est ce que j’ai fait), mais on dirait que c’est plutôt les mesh apps qui ont pris leur pic de downloads.
Y’avait des Français qui faisaient ça à SF en 2015 (FireChat). Prouesse technique mais 0 modèle éco. À la base c’était pour communiquer pendant les grands événements où le réseau était saturé (manifs, festivals), et c’est très vite devenu une parade aux coupures web des régimes autoritaires (ChatBit cartonne en Iran et en Ouganda notamment).
Je serais curieux de savoir si quelqu’un a déjà testé en conditions réelles. Dans mon souvenir il faut une énorme densité de devices équipés pour créer le « mesh » Bluetooth, et je crois que ça marche sur une centaine de mètres max.
Je viens de passer un long moment avec le CEO d’un de nos clients qui vend et stocke de l’or de façon ultra-sécurisée. Étonnamment, leur clientèle est composée de 3 populations qui n’ont rien à voir : retraités flippés, contestataires anti-système, Gen Z sensibilisée à l’éducation financière. Qui l’eût cru.
Quelques observations supplémentaires sur le rachat de Braze par Salesforce, vu que c’est pas tous les jours que son concurrent direct sort pour 5,7 milliards de dollars :
Premièrement, je ne connais pas personnellement les fondateurs, mais leur exécution a toujours été impressionnante, et leur méga cash-out est mérité. Braze est une boîte relativement ancienne (2011), qui a continué d’innover tout en passant à l’échelle, dans un marché violent, jonché d’échecs depuis longtemps oubliés (Leanplum, Swrve, Localytics, etc.).
Deuxièmement, même si le multiple d’ARR (x6) dépasse les moyennes actuelles, il reste nettement inférieur à celui payé par Salesforce pour Intercom/Fin avant l’été (x9). Malgré le rachat d’OfferFit pour 300 millions de dollars, Braze n’a donc pas convaincu le marché d’avoir cracké le « AI CRM », qui ne reste accessible qu'à une poignée de marques disposant des énormes volumes de données nécessaires au reinforcement learning.
Troisièmement, à en juger par les réactions depuis hier, la nouvelle passe globalement mal auprès des clients. Logique : Braze, comme nous, a bâti l’essentiel de sa croissance sur un produit « anti-Salesforce », et plus précisément anti-SFMC. Le voir absorbé par « l’ennemi » est un crève-cœur pour beaucoup.
Quatrièmement, c’est aussi un mauvais signal pour les clients Salesforce qui ont cru aux promesses de modernisation de Marketing Cloud. Ce rachat suggère que, faute d’avoir su faire entrer sa plateforme legacy dans l’ère mobile et temps réel, Salesforce préfère racheter un concurrent plus moderne. L’action $CRM perd 3 % à l’annonce, avant de se stabiliser.
Cinquièmement, le rachat valide et démocratise une vision produit complexe, et difficile à marketer : une plateforme CRM intégrée de bout en bout, de l’ingestion des données à l’activation auprès du client final, capable de servir de « harnais marketing » aux marques. L’acronyme « CEP », qui décrit cette catégorie, devrait définitivement faire consensus après cette acquisition.
Conclusion :
Une bonne journée pour les challengers : l’intégration de Braze à l’écosystème tech et à la politique tarifaire de Salesforce devrait prendre au moins 18 à 24 mois et rebattre les cartes du marché.
Une bonne journée pour les fondateurs et actionaires : un deal amplement mérité, qui couronne 15 ans de travail acharné.
Une bonne journée pour la MarTech, historiquement mal-aimée des investisseurs : un deal qui rappelle que notre écosystème sait créer de belles success stories, et qui devrait accélérer le phénomène de consolidation actuel.
Et sur ce, back to work 😂
Simon Dawlat retweeted
Dudes who used to work at 20th century fox probably still talk about the guy who edited this fucking trailer like he’s a Greek legend or some shit
Some early thoughts on the Braze x Salesforce announcement:
First, it’s obviously a massive achievement for the founders, leadership team and investors. I’m impressed and, let’s face it, a bit jealous.
Second, the deal values Braze at roughly 6x ARR. Certainly a premium to current market valuations, but still well below the 9x paid for Intercom/Fin, making it pretty clear that « AI for marketing » largely remains an unsolved problem, despite the OfferFit acquisition.
Third, customer reactions are, unsurprisingly, shockingly bleak this morning, given that moving away from Salesforce Marketing Cloud has been Braze’s #1 selling point for over a decade (with ex-Salesforce employees now accounting for more than 10% of its total headcount).
Existing Braze customers, who signed up on the promise of a better Salesforce, are now tied to the very ecosystem they worked so hard to leave behind. Not a good day for them.
The deal also signals to Salesforce Marketing Cloud users that Salesforce has officially given up on the platform, since it’s buying the “better version.” It was always the least-loved product in the suite anyway, that never truly adapted to the real-time, mobile-first era.
All in all, this is going to be very positive on all fronts: it will shake things up in the MarTech space, make a lot of good people insanely rich... and hopefully drive a lot of CMOs to @batch 👀
We signed a definitive agreement to acquire @Braze, a leading customer engagement platform that helps marketers build deeper customer relationships by responding to customer behavior in real time and coordinating personalized experiences across channels.
Following close, Braze’s real-time engagement and AI decisioning capabilities are expected to complement all four layers of Salesforce’s architecture — Data 360, Customer 360, Agentforce, and SIforce.
Learn more: sforce.co/4eKxONJ
Je vois beaucoup d’analyses très intéressantes sur le rôle des réseaux sociaux dans les scènes de pillage qu’on a vues ce week-end et sur le besoin urgent de s’adapter à un phénomène nouveau (émeutes urbaines comme opportunité de monétisation), l’une des plus cliniques étant celle de @NicolasDufourcq sur LinkedIn que je reproduis ici (il ne l’a pas postée sur X).
Culturellement, ça risque d’être difficile, ne serait-ce que d’en débattre, dans un pays qui continue de s’enorgueillir d’être un champion de la liberté d’expression et où on confond en permanence autorité et autoritarisme.
Concrètement, on peut évidemment convoquer les responsables des plateformes en question et leur demander de désactiver les fonctions live et géolocalisation pendant les émeutes.
On peut aussi, comme l’avait fait @Xavier75 en 2013 avec Google, désactiver au niveau du réseau, tant qu’on reste un pays souverain en contrôle de ses infrastructures (ça ne durera pas éternellement vu la croissance de Starlink…).
La question cruciale pour les commerçants français étant : sera-t-on en mesure de le faire d’ici le week-end prochain ?
On dépense >2M€ chez OVH chaque année donc je suis un peu biaisé, mais je dois dire que j’adore voire @olesovhcom faire all-in sur l’IA à coup de R&D/M&A sans parler des annonces data, souveraineté et sécu. Bilan : action x3 en 24 mois. Alors bien sûr, il y aura des succès et des échecs dans cette frénésie d’initiatives, mais imaginez un instant la gueule du pays si on avait 100 OVH ?
Octave Klaba (OVHcloud) : « Nous allons apporter sur le marché un LLM très en avance sur son temps »
latribune.fr/article/tech/in…
Après ce week-end, tout le monde y va son analyse, j'ai lu des trucs particulièrement brillant d'ailleurs, mais ce qui me frappe c'est que personne ne se mouille sur le « comment », probablement parce que tout le monde sent bien que la présidentielle de 27 est particulièrement incertaine et qu'aucune des trois voies possibles, extrême-droite, extrême-gauche ou avatar centriste ne règlera les problèmes de fonds structurels de la France. En parallèle, je vois revenir ici et là la thèse de la mise sous tutelle économique temporaire (FMI, BCE, etc.) permettant au pays de réaliser en bloc les réformes de fonds qu'aucun politique ne parvient à faire, mais j'ai toujours du mal à comprendre concrètement comment ça pourrait être mis en œuvre. Quelqu'un a lu des choses intéressantes sur le sujet ?
Je dois être dans ma petite bulle, mais je suis sidéré qu’aucun des TRENTE candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027 n'aille puiser son programme dans cette vision industrielle qui a fait la grandeur de la France, incarné par Ariane, le TGV, le nucléaire. On nous parle de mesurettes, de thèmes clientélistes éculés, on se montre du doigt. Alors qu’il y a dans notre passé, pas si lointain, tout ce que à quoi les français aspirent : du génie, de l'innovation, du rayonnement et la formidable prospérité économique des trentes glorieuses. Je suis à l'évidence dans ma petite bulle.
Les gens qui mangent des bulots sont une catégorie très à part. Déjà il y a le goût, peu de gens aiment ça enfin disons que c'est le kink d'une minorité. Ensuite il y a nature aléatoire du processus de consommation : moins d'un tiers des bulots se vident complètement quand on les mange, le gâchis est immense, c'est très frustrant, d'ailleurs souvent les consommateurs occasionnel l'ignorent. Enfin il y a les puristes, ceux qui cassent le haut du cône avec un marteau ou une pince pour récupérer le corail. Bref, un monde.
Dommage, parce qu'Iñárritu fait toujours des films décalés et intéressants, mais il faut croire que la magie du personnage de Les Grossman n’aura opéré qu’une fois.
Décrié par la critique et globalement boudé par le public, «Digger», initialement considéré comme un film à Oscars se prend les pieds dans le tapis et pourrait finalement faire perdre plusieurs centaines de millions de dollars à Warner Bros ➡️ l.leparisien.fr/erUz
Vraiment la pire publicité du monde. Dans n’importe quel stade, même les gens les plus scotchés à leur tel ne filment pas comme ça (ou alors ils se filment eux-mêmes). Le niveau de déconnexion avec les attentes des consommateurs est à la mesure de l’énergie déployée par Meta depuis dix ans pour posséder sa propre plateforme : colossal.
Punching up is still the cheapest awareness play in marketing, and @ecosia knocked this one out of the park. Whoever got Politico to run it deserves a raise.
Berlin-based search engine Ecosia, used by government services, is dropping its French AI partner, Mistral, its CEO told POLITICO.
The company will now bet on open-source models, including those from China.
vist.ly/5mh5y






















