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La lettre de Bernard Poignant. Depuis cinq ans j'écris ici sur la République, la laïcité, la Bretagne et ce que devient la gauche. Par e-mail : j'envoie chaque article, une fois, et rien d'autre. Commentez, posez vos questions : je réponds.
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La gauche a-t-elle déjà renoncé à 2027 ? D'habitude, quand elle descend dans la rue, c'est pour gagner les élections. Là, on dirait qu'elle a fait une croix sur la présidentielle. Je le dis clairement : les sondages ne sont pas les suffrages, rien n'est joué.
Citoyen : du mauvais usage d’un mot
Granit, éoliennes, pots de fleurs, apéros : tout serait désormais « citoyen ». Je plaide pour rendre à ce mot sa vraie définition républicaine.
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Après le désordre vient toujours l'ordre. Mais à qui profite-t-il ? Je vois bien qui tire avantage du chaos : Le Pen, Trump, Netanyahou, Poutine, Xi. Ceux qui l'alimentent sans en mesurer les conséquences, je les appelle les idiots utiles. Ils servent ceux qu'ils prétendent
Vérité pour l’Europe
Aux deux extrêmes, on a cessé de plaider le Frexit, mais le RN promet un bras de fer avec Bruxelles et Mélenchon une désobéissance aux traités : qu'on nous dise la vérité.
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On dénigre Macron comme on a dénigré Hollande : tout serait mal fait. Mais ceux qui décrivent une France endettée promettent en même temps une générosité financière débordante. Je leur conseille prudence et humilité : s'ils gagnent, la déception et la colère viendront vite.
Politique : tu ne mentiras pas
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Socialistes en Bretagne
Comment la Bretagne, longtemps dite terre de curés et de droite, s'est jetée dans les bras des socialistes pendant quarante ans : je raconte cette histoire.
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Politesse, politique, police : trois mots, une même racine grecque, polis, la cité. J'y vois le respect entre nous, la construction d'un avenir commun, et la paix pour vivre ensemble. J'espère que la France retrouvera cette sérénité, fidèle à ce que la démocratie nous a
La manifestation a changé de visage. Moins de services d'ordre, moins de banderoles collectives, mais une nuée de pancartes en carton bricolées chez soi. J'y vois l'individualisme jusqu'au cœur du collectif, signe d'une société éclatée. La ressouder : voilà la tâche d'après
Le clivage gauche-droite survivra-t-il à Macron ? Depuis 1965, la Vème République reposait sur ce face-à-face clair. En dix ans, les cartes ont été brouillées : bien des partis portent des noms sans histoire. Reviendra-t-on à l'ancienne formule ? J'en doute, et j'ignore
Je refuse le duel Le Pen–Mélenchon. Beaucoup de Français n'en veulent pas. À gauche, attendons les primaires et la décision de François Hollande, puis choisissons un candidat capable de rassembler bien au-delà de nos 30%, prêt à présider la France et à affronter le chaos du
La social-démocratie, enfin réhabilitée. Ce mot longtemps banni à gauche, insulté de Trotski à Mélenchon, retrouve sa place. Je l'assume : elle a ses défauts, mais n'a jamais inventé le goulag ni porté atteinte à la démocratie. Un beau retour, alors qu'elle recule ailleurs
Dépense publique : schizophrénie française
On ne peut pas vouloir un État obèse par ses dépenses et anorexique par ses recettes : de Tardieu à Macron, je raconte notre vieille schizophrénie française.
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Trump donne des leçons de démocratie à l'Ukraine ? Qu'il se les applique. Je trouve dingue qu'il demande aux Ukrainiens de changer de président, lui qui a tenté un coup d'État après sa défaite. Qu'il médite sur la statue de la Liberté. Et aux électeurs américains de lui
Islam
Parler de l'islam radical, on sait le faire ; de l'islam ordinaire, la France cherche encore son chemin, et je crois qu'il passe par quelques questions aux imams.
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Toucher aux frontières, c'est préparer la guerre. Quand l'extrême droite allemande rêve de reprendre l'Alsace et la Moselle, je vois revenir la logique des pires catastrophes du XXe siècle. Depuis 1951, l'Europe a réussi une chose : on ne touche plus à la frontière du
Pourquoi un seul drapeau dans ces cortèges lycéens ? J'y ai vu la Palestine, jamais l'Ukraine, l'Iran ou les femmes afghanes, alors qu'on parlait de profs et de locaux. Derrière ce choix à sens unique, un antisémitisme qui n'ose pas son nom, à l'extrême gauche comme à
Haro sur la Constitution
Seizième Constitution depuis 1791 : cette fièvre de tout réécrire m'inquiète, surtout quand Le Pen et Mélenchon veulent s'affranchir des règles du jeu.
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Battre l'extrême droite, c'est aussi une arithmétique. Je respecte les électeurs tentés par Mélenchon et partage leur refus de voir Le Pen diriger la France. Mais il faut un candidat capable de l'emporter au second tour, pas d'y perdre. Qu'ils y réfléchissent : il reste
